L’égalité des chances par Abdelkrim Benamar : la vie n’est pas une fatalité

Télécom SudParis

En marge de la Semaine nationale des Cordées de la Réussite, Télécom SudParis vous propose un billet d'humeur par Abdelkrim BENAMAR, issu de notre Promotion 1993,  ancien  de la méritocratie. Il est également engagé depuis des années autour des Cordées de la Réussite.

Aujourd’hui, je suis cadre dirigeant. Si j’ai pu accéder à ce poste et faire des études supérieures, c’est parce que la société française me l’a permis grâce à l’école républicaine. Je m’efforce maintenant de rendre à la société ce qu’elle m’a donné dans le cadre d’activités associatives telles que les Cordées de la réussite ou le Club XXIème siècle. J’essaye de donner de mon temps aux étudiants ou jeunes diplômés en partageant mon expérience, en proposant des séances de coaching/mentoring ou en les mettant en relation avec des personnes de mon réseau professionnel. Je suis Abdelkrim Benamar, fils d’ouvrier, diplômé de l’Institut national des télécommunications en 1993.

J’ai des enfants, et quand je les observe, j’ai bien conscience qu’ils vivent dans un univers bien plus favorisé que celui que j’ai pu connaître à leur âge, mais il n’y a rien de vraiment surprenant à cela. La vie se doit d’être une progression constante où l’on se construit pas à pas au travers de ses expériences personnelles et professionnelles, et ce indépendamment de son point de départ. C’est dans ce contexte que je suis devenu un fervent militant de l’égalité des chances et je constate avec satisfaction que le monde de l’enseignement supérieur en France a vraiment progressé en la matière depuis l’époque où j’étais étudiant à l’INT (Institut national des télécommunications) au début des années 90.

Une incarnation de l'égalité des chances

Quand on grandit dans une famille modeste, on est assez rapidement confronté à deux problématiques initiales majeures. La première est de ne pas (suffisamment) connaître le champ des possibles en matière d’enseignement supérieur et de carrière professionnelle, et la seconde concerne le financement de ses études.

Originaire d’une famille d'ouvriers, je ne connaissais pas les parcours d’excellence, les classes préparatoires, ni même l’existence des grandes écoles. J’ai découvert cet univers en classe de terminale, au moment du choix de l’orientation scolaire, quand mon professeur de mathématiques m’a dit que je devrais opter pour une classe préparatoire scientifique au vu de mes capacités. C’était une orientation complètement inconnue au sein de mon cercle familial, et c’est au cours de ma scolarité post-baccalauréat que j’ai pu découvrir le monde des grandes écoles, notamment au travers des journées portes ouvertes qu’elles organisaient.

Une fois l’étape de la découverte du champ des possibles passés, vient alors l’épineuse question du financement. Les frais de scolarité de certaines grandes écoles peuvent en effet rapidement devenir rédhibitoires pour certains étudiants dont la famille ou eux-mêmes ont une capacité d’endettement limitée. J’ai eu pour ma part la chance de bénéficier d’une bourse à l’INT, et cela m’a permis de me concentrer sur ma scolarité.

« La société est plurielle, certains ont plus de moyens que d’autres, plus de qualité, mais nous sommes in fine les seuls maîtres de notre destin. »

Au-delà de ces deux problématiques initiales, vient souvent se greffer l’absence de réseau professionnel qui peut accroître les difficultés pour trouver un stage ou un premier emploi. Fort heureusement, l’école contribue aussi à gommer ces difficultés au travers du réseau des anciens élèves, du corps enseignant et des équipes en charge des relations avec les entreprises. La formation dispensée sur le campus permet aussi de mieux appréhender par anticipation son futur environnement professionnel, ses codes sociaux et le savoir-être nécessaire pour y opérer avec succès.

Abraham Lincoln disait « Tous les êtres naissent égaux, mais c’est la dernière fois qu’ils le sont ». On pourrait avoir une lecture assez défaitiste de ces propos tant les disparités sociales peuvent être présentes dans notre pays. Mais il ne faut pas être désarmé pour autant face aux difficultés que la vie nous réserve parfois. Il faut s’appuyer sur ses atouts et ses qualités personnelles afin de les exploiter au maximum, mais aussi travailler parfois plus que les autres pour faire ses preuves au quotidien.

En complément de l’égalité des chances, la diversité au sens large, dont celle de genre, d’origine culturelle et sociale, et de formation initiale, est un thème qui me porte au quotidien tant elle est source de richesses et d’intelligence collective. Dans ce contexte, la pluralité des parcours de vie au sein d’une même équipe peut devenir un réel atout au sein des entreprises et c’est pourquoi il ne faut pas rougir de ses origines modestes. Elles peuvent au contraire être perçues comme une preuve supplémentaire de motivation et de résilience au regard de son parcours.

La vie n’est pas une fatalité, il ne faut pas en vouloir à la société, ni à son environnement familial. Il ne faut pas oublier d’où l’on vient, et il est aussi important de se concentrer sur là où l’on souhaite vraiment aller en acceptant que chacun puisse avoir sa propre définition du succès. La société est plurielle, certains ont plus de moyens que d’autres, plus de qualité, mais nous sommes in fine les seuls maîtres de notre destin. L’accompagnement et les aides financières dont on peut bénéficier pendant sa scolarité sont une réelle chance, et il faut savoir les sublimer pour donner le meilleur de soi-même à chaque instant afin d’être à la hauteur de ses ambitions.

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